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L'A2IP publie des textes issus de travaux ou de Colloques dans la revue TOPIQUE.

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SOPHIE DE MIJOLLA-MELLOR, Les arrogants, Paris, Dunod, 2017

Il en est ainsi, sans doute, de très nombreuses choses. Tout le monde prétend savoir, et pense savoir, de quoi il s'agit, mais personne ne parvient à la définir. Il en irait ainsi du temps, selon Saint Augustin. Mais également sans doute de postures identifiées ou prêtées que l'on peut reconnaître, mais non définir, à savoir circonscrire dans des contours notionnels. Il me paraît qu'il en va singulièrement ainsi de l'arrogance. Si répandue et si variée dans ses manifestations, et pourtant tellement identique au fond, cachant un vide derrière une superbe trop fragile pour être vraie. Avec brio et de nombreux exemples à l'appui, Sophie de Mijolla-Mellor, que j'ai eu le plaisir d'accueillir dans le cadre du Cercle Ernest Renan pour une conférence fort appréciée, nous propose une approche progressive et subtile, petite touche par petite touche, exemple après exemple, de cette attitude si humaine. L'investigation psychanalytique ne néglige pas la dimension sociale du phénomène. Une telle conduite, en effet, n'est pas seulement de l'ordre de l'intime, et de l'individuel mais du groupal et du social. L'arrogance présente toujours en soi quelque chose d'artificiel, sinon de dérisoire, voire de ridicule. En même temps, elle traduit une violence, sans doute compensatoire, probablement pour faire face à une faille intime dans l'image de soi. 

 

J'avoue avoir tout particulièrement apprécié que SMM nous présente l'arrogance comme une posture, et non d'abord ou seulement comme un symptôme (approche trop clinique) ou un trait de caractère, comme le serait l'émotivité ou la secondarité selon les vieux critères du cher René Le Senne. La posture est un processus actif et non une simple position. Pour ma part, je parlerai aussi de stratégie, à savoir d'une construction protectrice du sujet, qui d'ailleurs renvoie souvent à la préhistoire infantile. En profondeur, SMM établit de façon convaincante qu'il s'agit en large part d'une "position libidinale qui aurait pu se négocier autrement" (p. 4). 

 

Assertorique et non quémandeuse, l'arrogance chercher à transformer "la différence en affirmation indubitable de supériorité"  (p. 6). Mais cette prétendue supériorité dissimule en réalité une dépendance et une insuffisance. Contrairement à l'orgueilleux, "l'arrogant, lui, a besoin d'un autre qui lui renvoie son image". Il a besoin d'un autre en raison de son vide intérieur qui le taraude et qui l'angoisse. Il existe une issue que SMM résume justement en ces termes : "la seule manière de ne pas renoncer à l'auto-investissement narcissique est de cesser d'en faire une illusion et de la transformer en réalité grâce à la dérivation sublimatoire du désir d'être à soi-même son propre idéal vers le plaisir de l'objet à construire, de la performance à réaliser, lesquels renvoient à l'auteur une image momentanée de complétude, toujours à renouveler néanmoins" (p. 8). J'ajoute qu'il est fort heureux de ne plus fustiger le narcissisme, et aussi de ne pas interpréter l'arrogance comme un excès d'estime de soi, mais plutôt comme une déficience. 

 

L'arrogant est fragile, très infantile au fond. Du reste, il se trouve dans une position instable : il "répond par la non-reconnaissance de ce qu'il doit à l'autre tout en faisant en sorte que ce dernier continue de lui apporter ce qui lui est nécessaire" (p. 12). SMM nous offre une analyse minutieuse du roman familial comme "fantasme typiquement arrogant" (pp. 19-26). Cette arrogance infantile resurgit à l'adolescence et peut conduire au fanatisme. A cet égard, je trouve très éclairante la considération de SMM sur la mort du terroriste comme une "anti-mort" (p. 36). 

 

L'arrogance se transmet et s'appuie sur des modèles héroïques comme l'a vu le psychanalyste anglais Riccardo Steiner qui nous montre justement qu'il s'agit pour le sujet de s'identifier aux héros de sa tradition culturelle, quitte peut-être à les surpasser. Ce qui est dit de Wagner me semble vraiment passionant (pp. 37-40). 

 

Entre stupidité et perversion, l'arrogance se décline de façon très variée. SMM évoque justement, à partir de la figure du roi Penthée qui pourfendait les Bacchantes,  "l'arrogance puritaine faite à la fois de mépris pour la faiblesse de l'autre et de fascination envieuse pour sa jouissance" (p. 53). L'exemple de Phaéton me semble également très bien traité, tout comme celui d'Icare ou de Niobé (pp. 53-54). L'arrogance du dandy maltraite l'autre qu'il ignore, ne s'attachant qu'à sa propre posture esthétique et ignorant superbement les valeurs de l'autre, dans une sorte d'étrange revanche de la forme sur le fond (cf. p. 59). En définitive, l'arrogant est également un illusionniste, poussant jusqu'à la monstruosité sa posture d'indifférence aux valeurs morales comme dans le célèbre film "la corde" d'Alfred Hitchcock. La critique faite du sadisme et du libertinage ouvre des horizons sur ce qui s'y trouve vraiment en jeu (pp. 75-80). Mais l'arrogance autodestructrice cette fois n'est pas moins intéressante, par exemple dans le cas de l'anorexique dont je pense en effet qu'elle souhaite être vue comme telle dans cet exploit arrogant mené contre les besoins de son propre corps. 

 

Les postures individuelles ne sauraient faire oublier les phénomènes de groupe. Les cours ne se forment-elle pas aussi ou d'abord par l'exclusion de celui qui ne saurait en faire partie, étant entendu que le respect d'une étiquette sert non seulement de marqueur mais de clôture, de sorte que ceux y excellent adoptent par le fait même une posture arrogante, mais aussi contraignante pour eux-mêmes. Du reste, cela n'est-il pas vrai du roi lui-même? L'arrogance dogmatique n'est pas davantage éludée. J'aime cette définition donnée par SMM : "le dogmatisme est arrogant en ce qu'il s'arroge la vérité sans se donner la peine de la chercher" (p. 106). Dans le cadre de notre Cercle Ernest Renan, il me plait encore de souligner en rouge les affirmations suivantes de SMM qui pointe du doigt le risque d'une véritable aliénation : "Dans l'aliénation, le processus ne se réduit pas à l'inhibition mais s'y ajoute une obligation d'orthodoxie impliquant non seulement l'empêchement de toute pensée dangereuse mais aussi un usage délicat de la logique, sorte d'athlétisme de l'esprit pour lui permettre de produire certaines propositions en faisant abstraction des arguments logiques contradictoires (...) Cette gymnastique intellectuelle vise non seulement une réduction du domaine de la pensée, matérialisée par la réduction du vocabulaire, mais une réinterprétation perpétuelle du passé en fonction du présent dans le but de contrôler le futur" (p. 108). On ne saurait mieux dire. Pour reprendre les termes célèbres de Molière : "qui se sent morveux, qu'il se mouche". L'arrogant dogmatique y trouve son compte tout en se perdant : "l'auto-aliénation, nécessaire pour que le désir de la force aliénante puisse avoir quelque efficacité, se formulerait ainsi comme l'expression la plus parfaite d'un désir de mise à mort de sa propre pensée en vue d'un pouvoir absolu sur soi-même et sur les autres" (p. 108). 

 

SMM nous offre ensuite d'excellentes pages se demandant dans quelle mesure la notion d'arrogance était ou non pertinente pour penser le racisme offrant un aperçu éclairant sur son théoricien Joseph Arthur de Gobineau (pp. 123-131). Mais les pages les plus saisissantes peut-être sont celles que SMM accorde à l'arrogance du pouvoir. Certaines disciplines, du reste, semblent en elles-mêmes déjà arrogantes à l'instar de l'économie politique comme l'a montré Olivier Favereau dans la mesure où "elle part de présupposés qui ne sont pas discutés pour ensuite confisquer le raisonnement en prétendant représenter la scientificité en la matière" (p. 136). Dans une telle optique, à la limite, lorsque les faits démentent la théorie, les faits ont tort. Sans se soucier d'un accord avec l'autre, bien des politiciens tentent de lui imposer leur loi, en définitive fondée sur la force, même s'il s'agit souvent de la force de la séduction. L'arrogance d'état est différente de l'arrogance religieuse par le mécanisme qu'elle instaure, même si dans les deux cas cela relève bel et bien de la manipulation (cf. pp. 143-146). Indéniablement, le pouvoir peut conduire à l'infatuation, sorte de folie. L'historien que j'espère être a en tout cas particulièrement apprécié les pages consacrées à Tarquin le Superbe et à Goering, modèles du genre par la clarté et l'écriture. Versailles, lieu de la grandeur arrogante du roi est aussi, et ce n'est pas un hasard, le symbole d'une humiliation vécue par le peuple allemand qui n'a pas été pour rien dans l'avènement du nazisme. De façon fort pertinente, SMM revient un peu en arrière, à la pensée de Fichte (1762-1814), à cette distinction célèbre entre la "Kultur" allemande et la "Zivilisation" latine. Curieusement, Fichte trouve arrogant ce raffinement français tandis qu'il justifie l'arrogance opposée de la force et de la cohésion germanique, en des termes au demeurant lyriques et donc quelque peu...arrogants : "l'esprit allemand sera un aigle qui arrache vers le ciel avec puissance son corps pesant et, d'une aile forte et exercée, s'élève dans les airs pour s'approcher du soleil dont la vision le captive" (cité p. 172). SMM cite encore cette citation ô combien significative : "la germanité peut nous permettre d'éviter l'effondrement de notre nation par sa fusion avec l'étranger et de reconquérir un Moi sur lui-même, reposant sur lui-même et incapable d'accepter la moindre dépendance". (cit. p. 174). Au passage, SMM est conscient de l'effet paradoxal d'une mondialisation en cours qui peut être de réactiver, en réaction, une quête identitaire qui "peut se faire meurtrière. Et les sociétés menacées à leur tour dans leur identité risquent de considérer les vieux oriflammes comme devant être à nouveau brandis" (p. 183). Avant de conclure, je recommande tout particulièrement les pages 203-204 même si le style psychanalytique du propos pourra décourager l'un ou l'autre lecteur peut-être. SMM explique magistralement "ce que représente pour la force aliénante le désir d'aliéner" (p. 203), une stratégie délégant à un autre une détresse que le sujet n'est pas prêt à revivre une deuxième fois. Avec justesse, SMM souligne encore que "l'aliénation au fondement de la relation d'arrogance repose sur une rencontre entre le désir d'auto-aliénation et le désir d'aliéner de l'autre" (p. 203). Eros et Thanatos se donne la main pour une danse mortifère.  Et sinistrement complice.

 

Au terme de ma lecture, je voulais simplement remercier à nouveau SMM pour cet ouvrage, qui, du reste, m'a donné beaucoup de plaisir à sa lecture. Avec clarté et élégance, elle fait le point de la question et démonte la fallacieuse assurance d'une posture défensive, avec aussi, hélas, des conséquences pour autrui. Je regrette la conclusion un peu rapide de deux pages et qui ne fait que reprendre de façon un peu plate ce qui est écrit ailleurs. En revanche, cet excellent livre m'a fait penser aux petits livres de la collection "initiation philosophique" que je lisais jadis étant en classe de Terminale, rédigés par d'excellents auteurs, sur une échelle chronologique de Gaston Bachelard à Michel Foucault. J'y appréciais l'extrême clarté du propos, la netteté de l'argumentation mais également le choix d'exemples toujours variés et à bon escient. Des qualités que je retrouve sous la plume de SMM. Pour ne pas finir sur un simple compliment qui n'a pourtant rien de flagorneur, j'aimerais suggérer un petit développement, plus strictement philosophique, voire métaphysique. A mon sens, l'arrogance ne tient pas seulement au vide psychologique à compenser mais traduit à sa façon, dérisoire et illusoire, la présence de ce que Ferdinand Alquié dans un ouvrage célèbre de 1943 appela jadis "le désir d'éternité". A rebours d'une métaphysique de la confiance en Dieu, posant, pour sa part, à l'issue de l'histoire une réconciliation heureuse, Alquié montre que l'homme est traversé par le désir de l'impossible, de ce qui ne peut advenir, ce qui lui donne une insatisfaction foncière, et le condamne à un certain déchirement permanent, dont témoignent d'ailleurs à leur façon des mystiques comme Saint Augustin pour qui notre coeur est sans repos tant qu'il ne repose en Dieu . J'ose avancer l'hypothèse suivante : l'arrogance n'est pas seulement une posture à déchiffrer en fonction d'une histoire psychologique ou politique d'ailleurs (ce que fait brillamment SMM) mais exprime une sorte de réaction spontanée de défense de l'homme face à sa condition métaphysique inconfortable : celle de désirer l'impossible. La sublimation opérée par les surréalistes dont on sait que Ferdinand Alquié les appréciait beaucoup constitue une échappée belle plus exaltante. Mais l'arrogant fait mine de ne pas subir l'inconfort de désirer ce qui est impossible, et qu'il ne cesse pourtant de désirer. Le vide revêt donc l'intensité d'un désir à jamais inassouvi, également moteur de la vie, et qu'il vaut mieux canaliser de façon créative, il est vrai. Mais la pression exercée par ce désir d'éternité, quelquefois tout au moins, qui condamne l'homme à l'insatisfaction, à l'intranquilité constante, sinon sous le mode de la pulsion de mort, n'est-elle pas aussi en partie conjurée par qui joue aux autres la comédie de l'arrogance, pour tenter de se distraire lui-même de l'angoisse d'un perpétuel inassouvissement? 

 

Dominique VIBRAC

Nous avons le plaisir de vous annoncer la sortie du livre de notre collègue Riadh Ben Rejeb, membre du Comité scientifique international de l'A2IP, 

 

"Mémoires du corps", préfacé par Didier Houzel et édité par Césura (Lyon).

LA «MONGOLIE » INDEPENDANTE :

 

C’EST OU ? C’EST CHEZ QUI ? C’EST AVEC QUI ? C’EST QUOI ? C’EST COMMENT ?

C’EST POURQUOI ?

C’EST DEJA DEPUIS QUAND ET POUR QUAND ENCORE ?

 

DEPUIS TOUJOURS ET POUR TOUJOURS

 

Hélène SALAÜN  de KERTANGUY

 

Psychologue Clinicienne

Intervenante Universitaire  en France et en Mongolie

Formateur Indépendant et Chercheur en Psychologie Clinique Interculturelle

Spécialiste du Test du Test des Taches d’Encre de Hermann Rorschach

 

Premiers Récits

 

On nous l’a racontée un peu dans nos cours d’Histoire-Géographie en parlant d’Attila et des Huns qui ont saccagé Rome, et puis, on nous a mentionné  Gengghis Khan  « l’Homme qui aimait le vent », déferlant depuis l’étendue infinie des steppes vers l’Europe avec ses hordes  « sauvages ».On nous a aussi dit, qui il y avait une ville au nom mythique de Ulaanbaatar, la « Ville Rouge », capitale de la Mongolie, dite Extérieure. En effet, il y a aussi une Mongolie Intérieure, nommée, « Mongolie Chinoise ». Rien ne nous avait bien préparé au «  choc  culturel » qui se préparait au moment de nos premières pensées sur ce pays lointain : ni les écrits  des voyages, ni les récits des voyageurs par rapport à la vision que l’on a lorsque le Tupolev de la Compagnie Aérienne Russe amorce sa descente et va dans un moment se poser sur la piste de l’aéroport Byant-Ukhaa de Ulaanbaatar, tôt le matin. Cependant, bien avant d’atterrir à Ulaanbaatar, on n’a  vu  ni routes, ni villes, ni denses forêts comme en Sibérie ! On a vu qu’une immensité d’ondulations qui semblait sans vie, bien que recouvertes de plis de sable et de replis de sable, des bois vieillis et des cailloux, le tout formant un paysage très singulier…Puis soudain, l’avion se met à descendre, même à chuter de façon angulaire et enfin on découvre des points blancs, les uns plus proches des autres, ou pas. On est sûr, maintenant,  de se trouver dans l’espace aérien de la Mongolie, qui nous prévient que, ces « points blancs là » ce sont les yourtes posées à même le sol, sans piquet, sans enfoncement, sans ciment, sans cailloux, purement sur la terre. Notre étonnement est irrationnel, mais nous l’acceptons ! Nous sommes, maintenant, sur la route qui sépare l’aéroport du centre de Ulaanbaatar. Alors que notre Jeep avance prudemment, un cavalier surgit au galop, à moitié debout sur ses étriers et les pans de son « deel *» vert flotte comme les étendards des hordes de Gengghis Khan tant de ses fils que de tous ses descendants guerriers! Ce cavalier ne pose aucun regard sur notre Jeep-Taxi, ni sur nous-mêmes, à première vue de réels signaux d’appartenance à la culture mongole, quoique !.Très fier sur son cheval, le cavalier se tourne et pique vers l’horizon où curieusement, il devient très vite, tout petit, son cheval galopant à grande vitesse ! En tous cas, pour une Européenne native du Congo Belge  et ayant été habituée à la forêt équatoriale et à  jouer avec des enfants Pygmées, ce fut un choc…                          

Que faire pour reprendre le sens de nos idées reçues et intériorisées ? Une surprise nous attendait : des panneaux  publicitaires sont plantés sur le bord de la route toute cabossée, qui vantent la valeur des cartes de crédit occidentales, sur quatre mètres de long et trois mètres de large, et de plus, ils s’accompagnent du portrait d’un Monsieur hilare!

Puis, c’est le tour des publicités pour téléphones portables et c’est alors que derrière, les monstrueuses, mais pourtant élégantes centrales thermiques. Enfin, s’alignent des barres d’immeuble, issues de la technologie soviétique, qui surgissent à côté de villas rivalisant les unes avec les autres pour montrer leurs toits colorés rouge, ou mauve, ou vert qui donnent une impression de kitch d’un mauvais goût suggeré. Nous entrons dans la ville de Ulaanbaatar et une masse nuageuse de pollution flotte au-dessus d’une foule de piétons qui zigzaguent entre les voitures et les 4x4 bloqués dans des embouteillages, comme en Occident. C’est ainsi qu’il arrive que l’on peut rire des étudiants habillés de baskets style cosmonautes et de lunettes de surfeur qui déambulent, portable scotché contre l’oreille, croisant des grand-pères ridés et burinés, vêtus à l’ancienne, les deux jambes toutes arquées, témoignage de longues journées, voire d’années passées à travailler dans la steppe et à galoper sur leurs magnifiques chevaux !

Nous avons parcouru 20 km, entre l’aéroport et le Centre de Ulaanbaatar  et nous avons repéré, déjà, deux Mongolie :

 

       Celle de la steppe immense et ancestrale,

       Celle de la capitale, mégapole naissante de l’Asie Centrale et Citoyenne d’un         énorme « village ».

 

 La Mongolie confère donc au visiteur occidental qui ne la connaît pas un étrange vertige.

Et si on quittait la Capitale ?

Et si on entrait dans l’immensité de la Steppe, là où se trouve la richesse du peuple mongol depuis la nuit des temps ?Nous voulons dire «le cheptel » de 30 millions de têtes (cheval, mouton, chèvre, yak, bœuf, chameau) çà et là, une « yourte » comparable à la tente ronde et blanche décrite par Hérodote, il ya 2500 ans  déjà! Nous sommes maintenant proche d’un cavalier qui tient dans sa main une magnifique « Urga »  avec laquelle il pousse et rassemble son troupeau. Une famille démonte la yourte et installe les pièces sur un chariot tiré par deux yaks, pour aller s’installer plus loin, là où l’herbe sera meilleure et le vent moins fort durant les durs mois d’hiver en Mongolie, on nomadise trois à quatre fois par an, depuis les temps anciens c'est-à-dire environ 15000 ans, depuis que les ancêtres des peuples sibériens auraient suivi des troupeaux par le Détroit de Behring pour peupler le continent Américain. Après avoir été « enivrés » de ces espaces, de l’immensité de l’horizon et du vide entre le Ciel et la  Terre, reprenons conscience et intéressons-nous aux Nomades Mongols. D’où viennent-ils ? Combien sont-ils ? Et pour combien de temps, encore ?....

 

 

LE PEUPLE MONGOL : UN PEUPLE (DE) NOMADE(S)

 

C’est comme la question de l’œuf et de la poule: le Nomadisme a-t-il nécessité la domestication du cheval ? Ou bien est-ce la domestication du Cheval qui aurait contribué au Nomadisme ? Les chercheurs sont formels : il y a 5000 ans, les habitants de la steppe de l’Asie  Centrale ont domestiqué le « tarpan », un cheval qui s’amusait dans les prairies« sans rien demander à personne ». C’est ainsi que l’expansion des Nomades a été « un cauchemar  pour les Empereurs Chinois » qui, dès l’Antiquité, ont commencé à construire : «  la Grande Muraille », pour repousser les incursions perpétuelles des Nomades ne pouvant pas l’enjamber à cheval. Un jour, Mao Tsé Toung a dit : «  Il est grand ce peuple qui a construit la Grande Muraille ! ».

 Ce à quoi, un Mongol aurait répondu:

« Quel peuple plus grand a terrorisé les Chinois pour que ceux-ci arrivent à construire un mur de protection? ».

 

Chinois et Mongols opposent deux points de vue inconciliables :

● Celui du Sédentaire : Agriculteur, Bâtisseur

● Celui du Nomade : Eleveur, Chasseur, Indépendant, Libre

 

Cette incompréhension est donc légendaire et reste ancrée dans les mentalités. Les nomades ont des possessions: chameau, cheval, chèvre, chien, mouton, vache auxquelles ils sont beaucoup plus attachés que les peuples sédentaires à leurs champs agraires et à leurs récoltes. Nous savons que, la plus grande invention sous le règne de Gengghis Khan et de son fils Ögödei Khan fut celle de transmettre une information (enjeu géologique de notre planète) par un système basé sur des relais équestres qui ont duré de 1235 à 1949 et qui étaient distants d’environ 30 km. Les cavaliers,      chargés de porter une information, trouvaient dans les relais, des nourritures fraîches, du repos et de la compagnie.

Il y aurait, en Mongolie, autant de chevaux que d’êtres humains, c'est-à-dire environ deux millions et demi. « Nomade » vient de « Nomos » qui veut dire « pâturage ». Le nomade occupe de grands espaces, il parcourt d’immenses étendues, ses déplacements font de lui un grand voyageur et l’importance de son troupeau ne change rien à son déplacement. Le nomadisme n’est pas un métier, c’est un statut social. On ne décide pas un jour de devenir nomade, on naît nomade de parents nomades et grands parents nomades et on habite sous une tente appelée yourte en Asie. Les nomades contemporains sont en Afrique, en Amérique et en Asie. L’Europe n’a plus de nomades, ils s’y trouveraient tellement à l’étroit ! Il semble qu’il existe plusieurs «  hiérarchies » de Nomades :

 

● les Nomades du « chameau » se placent au dessus des nomades « moutonniers »,

● les Nomades « cavaliers » s’estiment être de haut rang, en bas de l’échelle se trouvent les pasteurs de moutons, les âniers,

● les éleveurs de rennes, autrement dit les Tsaatan, se situent à part. Ces classifications doivent retenir notre attention, car elles tiennent à un caractère bien singulier du nomadisme sur lequel il nous faut accorder de la subtilité. Le Nomade est l’hôte des déserts, des steppes, des montagnes reculées et il est également un féroce guerrier. Dans cette classification, la notion de « hiérarchie » est importante, elle se conçoit et se justifie aisément: le plus haut placé est celui qui est le mieux monté, le plus rapide et le plus mobile. Le sédentaire est alors comme celui qui est rejeté au dernier rang, face au nomade cavalier, qui, de sa hauteur, de sa mobilité et vélocité considère de très haut la «piétaille». Le sédentaire a donc des raisons de refouler, depuis très longtemps, les nomades vers les déserts et les steppes immenses afin de chercher à occuper de meilleurs lieux, un paradoxe surgit : le Nomade serait-il donc « guerrier » et le sédentaire porteur de mœurs paisibles ?

 

 

UN PARADOXE AU SUJET DES NOTIONS DU TEMPS ET DE L’ESPACE

CHEZ LES NOMADES.

 

« Les Nomades vivent simplement, dans l’immensité de l’espace avec des gestes et des attitudes qui font penser à l’infini du temps ». C’est une réalité pour le chercheur et c’est une posture vite repérée. Je me suis trouvée souvent avec des familles nomades telles qu’elles ont dû apparaître à l’aube des légendes et des traditions et telles que je les ai découvertes dans leur vie de tous les jours. Il m’a semblé que les Nomades n’avaient pas les mêmes notions de ce qu’ en  Occident nous appelons le temps. De même que le temps, la notion d’espace est indifférente à notre questionnement et à notre protocole de Recherche en Psychologie Interculturelle. Le  Nomade mongol, au cours de ses longues migrations, a pu changer de continents, tout en maintenant, en grande partie, ses références et ses constantes culturelles. Ainsi, au moment où nous arrivons pour « l’étudier », ce qui est important pour nous, c’est qu’il soit quelque part en place, c'est-à-dire là où il a choisi de camper pendant l’été (la période de nos visites) et de vivre sa vie de Nomade. Le « Nomade nomadisant » est par définition en place, « mais depuis quand ? ». C’est bien une éternelle question qui se comprend toujours et  maladroitement posée par les sédentaires et les chercheurs. Le Nomade est toujours en déplacement et son mouvement est déterminé par les vents, les pluies, la santé du troupeau. C’est une prescription issue d’une pensée de sédentaire de vouloir assigner, à des nomades des limites géographiques, des frontières pour leur parcours. Comment se peut-il que des nomades ont étés entraînés à peupler des étendues aussi insolites ? N’est-ce pas là une porte ouverte pour remettre en question nos notions occidentales de temps et d’espace ? Il est certain que les Nomades, sans cesser de nomadiser, ont dû s’adapter à des conditions très variées, ont dû domestiquer des mammifères divers et ont dû s’adapter à des climats très différents. On a pu constater que leur caractère de nomade n’en a été cependant que très faiblement affecté. Par contre, il y a des nomades qui ont voulu vivre en bergers, mais ils ont renoncé. Des études ont montré que le flux et le reflux du nomadisme ne sont pas toujours liés à des problématiques climatiques, à des questions d’eau et d’herbe, mais qu’il y a d’autres  facteurs comme:« la force opposée par le sédentaire à la poussée permanente du Nomade ».Le milieu nomade mongol est fait de toundra, de steppes salines, de pampas, de sables mouvants, d’eaux magnésie, chlorurées et stagnantes. Peu d’arbres, peu de pistes, la Mongolie, c’est le pays du froid, du vent, des hivers terribles, de la chaleur lourde en été. Les chevaux peuvent devenir fous dans les tempêtes. En effet, des sautes brutales de température anachroniques, mais il y a aussi, le Printemps et ses multiples joies, même éphémères! Le Nomade ne conserve rien, n’aménage rien et ne protège rien. Le Nomade tire à peu près tout de son bétail : sa nourriture quotidienne, c’est le lait et ses sous-produits, ses vêtements, son habitat, cuir et viande etc… Tout lui est bon ! Ce « parasitisme total », à sens unique, ne ressemble pas du tout à la pratique de l’élevage. L’homme nomade a su s’élever et a su quitter le sol, il a su dominer l’horizon du plus haut que de sa propre taille. Il a gagné, ainsi, plus d’un mètre de hauteur. On ne pense pas souvent à ce fait prodigieux. Son élévation ne tient guère au fait qu’il est le seul « animal » qui peut, grâce à l’articulation de son pouce, le placer face aux quatre autres doigts et donc « construire la civilisation ». C’est ce qu’ont fait et font les sédentaires ? Par contre, les nomades, eux, ne se servent presque jamais de leurs doigts. Il y aurait donc deux « espèces » d’êtres humains, les « piétons » et Les « hommes montés ».

 ◊ Ceux qui peinent, qui trainent dans la poussière, qui suent, qui saignent et qui se déplacent lentement.

◊ Ceux qui sont fiers et superbes, le front altier, sans fatigue laissant derrière eux un nuage de poussière soulevée par quatre sabots. D’ailleurs, le Nomade le plus rustique est considéré comme un Chef !

Son mépris pour le « rampant » est instinctif, infini, définitif. Ainsi, l’homme monté a acquis une supériorité visible, indiscutable, décisive sur l’homme cloué au sol. Ce n’est point une supériorité intellectuelle, ni morale, mais une forme de sécurité matérielle, évidente : un signe de domination mesurable.

« Aucun peuple ne les a soumis, parce qu’ils n’ont connu aucun établissement fixe qu’on puisse leur ravir. Ils se satisfont de l’air libre qui les entoure et ce qu’ils nomment patrie,  c’est la solitude »

 

 

RITES SOCIAUX ET CULTURELS

 

 

Les Nomades sont d’avantage polygames, que monogames, (Gengghis Khan, avait dit-on, 500 femmes). Les mariages sont des unions d’intérêt, cependant certains Princes ont des unions flatteuses. Leurs femmes légitimes sont de haute lignée ou de grande beauté. Le mari commande, mais la femme agit ainsi qu’il lui plait. Les enfants reçoivent peu d’amour et peu de soins, à part l’allaitement qui dure plusieurs années. La petite fille aide sa mère dès son plus jeune âge, le petit garçon rejoint très vite le clan des hommes et apprendra à ne pas se plaindre, car personne ne le consolera … Il ne pleure pas, souffre en silence et s’endurcit.

 

                    Etranges Peuples que les Peuples du Nomadisme ?

                     Que savez-vous faire en ce monde ? Errer

                                                                                        Victor Hugo

 

Purement ethniques, sans territoires, sans attaches géographiques, vivant en hordes instables, sans foi ni loi, mûs par une conscience collective, il y  règne l’esprit de la horde, cet esprit  réside en la personne du Chef, Prince, Emir, Khan, Maître de la Terre et des Campements, plutôt que Maître des Hommes. Son royaume mouvant est formé d’un Peuple et d’un Troupeau. Que demandent les Nomades à leurs Chefs, leurs Princes ?

 

 

 

 

LES MONGOLS, C’EST QUI ?

 

Ce sont ceux qui ont les yeux immenses et profonds à l’identique du ciel au-dessus de leur tête. On peut aimer les yeux rieurs et étoilés, qu’une vie rude ne ternit pas. Rien de vous ne leur échappe et comme ils le font avec leurs chevaux, il ne sert à rien de tricher ni de se démasquer. Cependant, lorsqu’ils vous observent, leur pudeur est telle que vous n’avez pas le sentiment d’être détaillée. Nous aimons le Peuple Mongol pour cela…Ils sont plaisants et leurs Chants de Gorge (Khoumi) ne louent que l’amour de la Nature, des Esprits, du Cheval, de la Femme et de l’Enfant. En Mongolie, les espaces sont si vastes  que la notion de frontière est un leurre. Je me souviens que l’Antonov affrété par la  Compagnie Mongole (MIAT), a atterri en pleine steppe. Ses ailes faisaient  comme une caresse aux pentes douces des montagnes presque sensuelles, sur lesquelles étaient dispersées des yourtes rondes et blanches, comme des petites lunes ou  plutôt, comme une « Virgule, au milieu d’une Phrase  ». Finalement, l’Antonov a posé ses roues le long de la rivière, comme au « Beau milieu d’un Rêve ».  J’ai eu envie que ce rêve éveillé perdure sans incident et qu’il retarde certains contacts trop brutaux, avec la capitale Ulaanbaatar, la Ville Rouge, où vit plus d’un tiers de la population de Mongolie, les deux tiers restant sillonnent toujours le vaste territoire de 1000000 km carré  et y élève le troupeau aux « Cinq Onglées » : mouton, chèvre, vache, cheval, chameau et rennes aussi, selon les endroits et les latitudes. Les sentiments sont totalement différents des nôtres : voilà une bien singulière comparaison et pourtant nous finissons par comprendre leur totale symbiose avec la nature dans l’immensité de la steppe ou derrière les sommets des montagnes !  Nous suivons leur désarroi quand ils sont forcés de quitter leur vie  de nomade et leur liberté pour devenir des citadins sédentarisés. Il n’y a pas d’autres solutions.

 

ULAANBAATAR : QUI EST-CE ?

 

La capitale mongole recèle un conservatoire curieux d’architecture de l’époque stalinienne, plantée dans des anciennes steppes et pics montagneux. Il y a un Centre aménagé comme une ville moderne et des alentours nommés «  Yourtes-Ville ». Ici, vivent environ  1000000 d’habitants, peut être plus. On dit que chaque année arrivent à Ulaanbaatar dix mille Nomades, quittant la steppe celle-ci peu peuplée, va-t-elle se vider totalement ? A quoi alors, vont servir ces grands espaces ? Vont-ils être rachetés par les Chinois, leurs anciens Maîtres, mais qui furent aussi leurs ennemis héréditaires (ceux qui ont besoin de place). Et si Ulaanbaatar était vendue aux Russes, comme le disent certains Mongols ? A cette question, d’autres répondent que non, car ils ont laissé des bases militaires…. Alors à qui d’autre :

aux Japonais, ces insulaires qui manquent terriblement de place ? Autre constat : le sous-sol mongol est très riche et contient tous les éléments de la table de Mendéleiev. La  Mongolie peut produire 150 tonnes d’Or, du Cuivre, du Cobalt, Charbon, Uranium.. Les Nomades affluent des provinces, attirés par cette « lumière » et s’installent dans des « ghers » abimées, sales,  déchues dans lesquelles la population s’entassent et sombre dans les maux classiques des migrants et des SDF voués au chômage  voire à la clochardisation, promiscuité, alcoolisme, viols familiaux, insalubrité et désertion scolaire. De plus nombre de nomades sont privés de leurs troupeaux et de leur vie traditionnelle, quelques uns seulement retournent vivre dans leur steppe d’origine, mais ils se font très rares beaucoup restent aux alentours de la Capitale et se mettent à fréquenter les :

 

● Cafés Internet c’est la mondialisation.

● Beer-Tavern, provenant de joint-venture allemandes.

 

Le Gouvernement a mis en place des actions de soutien culturel, comme la fermeture des bars et discothèques, à minuit, le ramassage des enfants isolés dans les rues. Le but à atteindre, c’est soustraire cette population aux yeux des visiteurs étrangers. Il règne, à Ulaanbaatar, un sentiment de honte dans la population des étudiants universitaires et les Mongols commencent à éviter les Journalistes et les ONG qui s’intéressent à ces « destins d’exclus ». De nombreux enfants échappent aux violences familiales en se cachant dans des canalisations d’eau chaude et beaucoup sont terriblement brûlés. Il parait selon les statistiques, que la population de Ulaanbaatar, connaît une hausse du chômage. Ce pays, dont le rang élevé des premiers producteurs de richesses naturelles, n’a pas escompté de résultats positifs, pour le moment. Les experts mondiaux disent que, de toutes façons, le mode de vie nomade est condamné sur notre planète…Même Gengghis Khan, à son époque, interdisait à ses Ministres de vivre à l’intérieur des murailles et devaient vivre dans des yourtes. Les Mongols contemporains disent que les villes, dans le passé, ont déjà été la perte de la Mongolie, donc Ulaanbaatar « tombera » et le mode de vie nomade « sauvera » encore une fois les Mongols et Karakorum, l’ancienne Capitale renaîtra ! Ils disent que Temudjin (Gengghis Khan) reviendra…

 

 

NOTION DE TEMPS ET D’ESPACE ET NOMADISME

 

 

Dans l’aventure humaine, le rôle du Nomade apparaît comme essentiel. Si l’Homme n’avait jamais  bougé de son territoire, son geste héroïque de changer de lieux, matière première de notre grande Histoire, serait réduit à presque rien. L’Homme va et vient, bouscule ses semblables et leur fait la guerre. Ainsi, depuis l’aube des temps et jusqu’à une époque récente, la guerre fut le monopole des Nomades, voire leur Art majeur  et leur destinée. L’Homme Nomade est un homme très simple qui a joué un rôle brutal et décisif, souvent involontaire, dans la civilisation des sédentaires. On parle du rôle des Nomades dans l’élevage, mais aussi dans l’équitation, les armements, la métallurgie, le commerce, la poésie, la peinture, les parfums, les épices, l’esclavage et les droits des Hommes.

On peut aisément dire que « le Nomade est une source vive de toute aristocratie, galanterie et que, ce grand mécréant de l’histoire de l’Homme a été un propagateur de nombreuses religions ». On le retient comme fainéant, déprédateur, guerrier, sanguinaire, novateur et à l’origine de la « haute culture ». Et si on va encore plus loin, on peut dire que :

 

 Gengghis Khan et les Nomades seraient ceux qui ont œuvré pour continuer l’Humanité et l’Existence  des Langues et des Cultures.

Ouvrages publiés par les membres de l'A2IP :

 

1-Traité de la sublimation :

 Sous la direction de Sophie De MIJOLLA-MELLOR

Editions PUF608 pages  Prix : 29.00 €

Date de parution : 19/09/2012 

Notion aussi importante que le refoulement dont elle constitue l’issue créatrice positive par opposition à la névrose, la sublimation en psychanalyse permet de penser l’origine des sentiments de tendresse, des liens sociaux, des réalisations artistiques et même du « plaisir de pensée ».

 

L'ouvrage

Qu’est-ce que la sublimation ?

 

En quoi permet-elle une satisfaction infinie qui ne s’abîme pas dans la jouissance et s’oppose à l’envahissement brutal de la pulsion de mort ?

 

L’idée freudienne d’une sublimation «aux dépens» du sexuel doit-elle être remise en question ?

 

Pour quelles raisons la sublimation occupe-t-elle en psychanalyse une place si importante ?

 

2-Dictionnaire international de la psychanalyse, concepts, notions,

biographies, œuvres, événements, institutions (dir. Alain de Mijolla, Comité éditorial Pr Bernard Golse, Pr Sophie de Mijolla-Mellor, Pr Roger Perron), Calmann-Lévy, réédité chez Hachette, traduit en anglais, portugais et espagnol.

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