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LES « RACLURES DE MACADAM » par Antoine Courban

 

Quinze jours après l’apocalypse qui a endeuillé le Liban. Pas un seul drapeau mis en berne. Quinze jours de souffrances, de larmes, de mares de sang, de morts, de douleur… Quinze jours qu’une population hagarde essaie de se dire que tout ceci n’est qu’un mauvais rêve. Quinze jours que Beyrouth n’a plus de port depuis l’époque phénicienne. Quinze jours durant, les imposteurs qui usurpent le pouvoir n’ont pas pris la peine de décréter une seule journée, une heure, une minute de deuil national à la mémoire des innocents tués par l’irresponsabilité criminelle de ceux qui ont été mis en place par ce qu’on pourrait appeler les « raclures de macadam ». On avait l’habitude de les traiter de criminels, de bandits, de mafias, de réseaux du crime organisé, etc. Mais même une famille mafieuse dispose d’un code d’honneur qui lui est propre. L’organisation criminelle la plus sordide prend soin de se revêtir d’oripeaux d’une moralité de façade. Tel n’est pas le cas de la caste de ces hommes de rien, de cette lie de l’humanité, qui exercent le pouvoir au Liban. Parce qu’ils ont une religion, ils croient qu’ils peuvent se dispenser de morale. Le discernement du bien et du mal a depuis longtemps déserté le for intérieur de ces criminels qui ont volé, extorqué, exploité, pillé, terrorisé le peuple du Liban.

 

Cette engeance de fils de la perdition n’a pas pris la peine de venir déposer une fleur, une seule, sur le site de son crime, en hommage aux victimes et à la ville assassinée. « Raclures de macadam » est encore un qualificatif éminemment civilisé pour qualifier ces moins que rien. Certains d’entre eux ont délibérément fait entrer les milliers de tonnes d’explosifs au port de Beyrouth au profit de leurs activités criminelles au Liban, en Syrie et ailleurs. Innombrables sont leurs complices, à tous les échelons de l’État, depuis le sommet de la pyramide. Le locataire du palais présidentiel de Baabda avoue avoir été mis au courant le 20 juillet dernier. Rien n’a été fait pour protéger la population. Rien. Exiger la démission de Michel Aoun et d’une multitude de responsables politiques est insuffisant. Ils doivent comparaître devant une cour de justice afin de rendre des comptes.

 

Beyrouth, ce petit village de pêcheurs de 10 000 habitants en 1800, est devenu la grande métropole levantine à partir du moment où Ibrahim Pacha creusa le nouveau port capable d’accueillir les bateaux à vapeur. C’est à partir du port que le Beyrouth ottoman se développa, supplantant les anciennes Échelles du Levant comme Tripoli, Saïda et Haïfa. Un port, une gare, le Lazaret (Quarantaine), des compagnies maritimes, des sociétés d’import-export, tout cela attira vers les environs du port des centaines d’immigrants venus de la montagne et d’ailleurs pour assurer leur subsistance. C’est ainsi que les quartiers hors les murs connurent une prospérité exceptionnelle. En bord de mer : Medawar, Gemmayzé, Mar Mikhaël, Jeitaoui, Rmeil, Saïfi, où mille et une petites mains humbles ont pu nourrir les leurs. Comment compter tous les petits commerces et métiers : portefaix, petits artisans, petites manufactures, artisans divers comme les ferronniers, vitriers, tanneurs, joailliers, etc. Tout un peuple de condition modeste qui voit aujourd’hui ses quartiers détruits par les hallucinés de la mort. Plus haut sur les collines de Mousseitbé et d’Achrafieh, les familles patriciennes installèrent leurs villas et leurs hôtels particuliers. Toute cette prospérité attira les multiples missions religieuses chrétiennes qui dotèrent Beyrouth de son capital inestimable : écoles, universités et hôpitaux. C’est dans ces écoles et dans ces universités chrétiennes que des générations et des générations de Libanais de toutes confessions apprirent à vivre ensemble. C’est à partir de ces quartiers, aujourd’hui détruits, qu’un certain mode de vie à la libanaise s’est peu à peu constitué et a servi de modèle de culture et de civilisation à tout l’Orient arabe. Quand on évoque la présence chrétienne en Orient, on se doit d’abord de parler de ce creuset de civilisation, de ce patrimoine : écoles, universités, hôpitaux, petits et grands commerces ainsi que la vie socioculturelle faite de ce mélange islamo-chrétien, unique au monde, que cela entraîne.

 

Aujourd’hui, tous ces quartiers sont démolis, tout ce patrimoine est en cendres. Pas une seule fleur. Pas une seule larme de la part des imposteurs qui usurpent le pouvoir. Pas une seule sonnerie aux morts. Pas un seul hommage à la ville éventrée. Pas un seul remerciement à l’égard de toutes ces mains humbles qui ont construit le cœur de Beyrouth et de la libanité. Nous entendons encore le mensonge du « droit des chrétiens » que les imposteurs avancent et qui consiste à ce qu’un gendre, un petit parvenu, et ses copains fassent main basse sur l’État et son administration.

 

Le peuple a été pillé, ses droits ont été spoliés, ses économies séquestrées, sa dignité bafouée. Et voilà qu’on lui retire maintenant sa vie et sa ville. Lorsque le peuple demandera des comptes à ces « raclures de macadam », la question ne sera pas celle de la peine de mort mais celle de l’état de légitime défense.

Les samedis de Topique Paris

***Nouvelles Dates***

Selon les possibilités le colloque aura lieu soit à l’amphi Deniker (Hôpital Ste Anne), soit en téléconférence, le numéro d’accès étant communiqué lors de l’inscription

 

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