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Liban : paradigme de la guerre civile permanente

 

LES ÉCHOS DE L’AGORA

29/01/2018

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En mars 2011, le Centre culturel bruxellois organisa aux Halles de Schaerbeek un symposium international au titre on ne peut plus déconcertant : « Beyrouth, paradigme de la guerre civile universelle permanente ». Aux côtés des philosophes Thomas Berns et Lieven de Cauter, plusieurs intellectuels libanais y participèrent, comme l’architecte-urbaniste Jad Tabet, l’anthropologue Ghassan Hage, la politologue Jihane Sfeir, l’écrivain Élias Khoury, etc. L’argument de ce colloque pose Beyrouth (et donc le Liban) comme modèle paradigmatique de l’avenir d’un monde où la confusion se généralise de plus en plus : mélange des identités collectives, virulence accrue de toutes les idéologies totalisantes religieuses et profanes, ainsi que de leur corollaire, la guerre contre le terrorisme à la définition si floue et si nébuleuse.

En cette veillée de bataille électorale aux contours on ne peut plus confus, au milieu du cliquetis cacophonique des armes, il est bon de revenir sur cet état supposé de guerre civile latente et permanente qui caractériserait le Liban et qui constituerait un modèle d’avenir pour les cités du monde globalisé. Pour les « modernes » que nous sommes, héritiers supposés du siècle des Lumières, la notion de guerre civile est si dérangeante que la plupart des observateurs l’écartent d’emblée de leur champ de réflexion. Le conflit interne est, à nos yeux contemporains, un tabou indépassable depuis que Hobbes, dans son Léviathan, en a décrété l’interdiction. Dans un essai récent qu’il intitule La guerre civile, le philosophe italien Giorgio Agamben propose une doctrine de la guerre intestine ou civile, distincte de la guerre externe interétatique. Depuis le XVIIIe siècle, nous vivons dans un certain confort intellectuel, celui de la conviction – ou de l’illusion – que l’État-nation aurait définitivement neutralisé l’ennemi intérieur et instauré une paix permanente dans la cité, scellant ainsi le contrat social. 

La notion d’ennemi s’appliquerait exclusivement, pensons-nous, à une collectivité hors frontières. Dès lors, il ne saurait y avoir de guerre qu’externe, entre États. La violence guerrière demeure, à nos yeux, étrangère à la dynamique même de la cité. « Le » politique, au sens du vivre-ensemble au sein d’une communauté dans une cité, demeure incompatible avec toute déchirure interne, ou toute stasis, terme par lequel les Grecs qualifiaient la guerre civile. Giorgio Agamben propose justement une théorie de la stasis qui, de manière paradoxale, signifie, à la fois, « guerre civile » et « repos ». Une telle ambivalence révèle un secret bien gardé, à savoir la violence fondatrice de la cité, la dynamique multiforme de la guerre civile comme un « paradigme constitutif de la politique ». Évoquant cette même problématique, le sociologue Jacques Beauchard parle de « l’ennemi au cœur du politique ». 

Pour les Grecs anciens, cette violence interne est essentielle à la cité, au point que celui qui n’y participe pas se trouve déchu de ses droits politiques. Mais comment en sortir ? En 403 (avant J.-C.) les Athéniens restaurent la démocratie en faisant le serment d’oublier la douleur de la violence de leurs conflits. De plus, en vue de prévenir les guerres civiles, ils ordonnaient par décret aux anciens belligérants d’oublier le passé. Le nouvel ordre ainsi établi n’est plus fondé sur la mémoire mais sur l’oubli. Il déplace la déchirure du registre de l’affrontement violent par les armes vers celui de la puissance orale du verbe et d’une éloquence rhétorique nouvelle : celle des assemblées délibératives.

Comment expliquer et comprendre le fait que les groupes belligérants imbriqués demeurent incapables de panser les plaies ? Ils préfèrent la fuite en avant : ne pas respecter les règles et les procédures constitutionnelles, prolonger les mandats parlementaires, induire par la force l’issue d’un processus délibératif démocratique, etc. Ce ne sont là que métaphores et symptômes des vieilles déchirures qui saignent. Aucun oubli apaisant ne semble possible. Les prochaines élections législatives changeront-elles quelque chose à cet état ? Il est permis d’en douter. 

« Le » politique libanais ne parvient pas à émerger de la stasis permanente. Il ne cesse d’advenir. Le Liban se trouve dans un état d’instabilité, une sorte de maladie chronique de la cité, prisonnière d’un compromis boiteux qui est au corps social ce que sont les névroses au sujet individuel. C’est Sigmund Freud qui exprime le mieux cette situation pathologique, dans L’homme Moïse, lorsqu’il écrit, à propos des processus névrotiques : « Ils ne sont pas ou pas assez influencés par la réalité (…). Ils sont en quelque sorte un État dans l’État, un parti inaccessible, impropre à la collaboration, qui peut cependant réussir et dominer l’autre (…) et le plier à son service. »

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L'ANIMAL DE COMPAGNIE

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Emission France-Culture avec Sophie de Mijolla-Mellor sur "Les Arrogants"

Qui ne connaît et ne subit des « arrogants »? Mais ce ne sont pas seulement des vaniteux ou des orgueilleux. Comme le montre Sophie de Mijolla Mellor, ce sont ceux qui « ont besoin d’écraser l’autre pour se sentir exister ». C’est une pathologie qui a ses raisons mais qui n’entend pas la raison. Et si dans tel ou tel cas l’arrogant a le pouvoir, il devient redoutable. On pense au nouveau président des Etats-Unis. L’expérience clinique et la précision théorique de Sophie de Mijolla donnent à ce phénomène l’importance que chacun ressent spontanément. Elle doute que l'arrogance puisse être soignée. Mais elle peut être comprise et anticipée, notamment dans les facteurs sociaux qui la favorisent ou pas. Ce n’est pas rien! Ne laissons pas l’époque aux arrogants!

 

 

Les Arrogants, de Sophie de Mijolla-Mellor - Editions Dunod

 

Retrouvez l'émission en réécoute 

 

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L’Occident dans les steppes de l’Asie centrale

Chronique:  "Echos de l'Agora" d'Antoine Courban
Journal:       L'Orient-Le Jour (Beyrouth)
Date:           28/01/2017, p.5

Le 10 septembre 2013, le président Barack Obama avait publiquement renoncé à utiliser sa puissante armada contre le régime syrien coupable d'avoir franchi une ligne rouge en utilisant des armes chimiques contre sa propre population. Vladimir Poutine avait parfaitement compris l'importance du vide stratégique ainsi créé. Dès le lendemain, le président russe signait un article en première page du New York Times, comme s'il s'adressait symboliquement à la nation américaine «à partir des rivages atlantiques de l'Europe occidentale, car l'enjeu de tous ces bouleversements demeure l'Europe ou, plutôt, l'Euro-Méditerranée». C'est ce que nous écrivions, dans cette même chronique, le 27/09/2013, sous le titre «Damas ou le tombeau de l'Europe».


La récente investiture de Donald Trump à la présidence des États-Unis vient confirmer cette impression. L'isolationnisme de la nouvelle administration américaine ne fait que dévoiler la nudité politique de l'Europe occidentale qui pourrait bien, si elle ne se ressaisit pas, être réduite à ce que la géographie a voulu qu'elle soit: une presqu'île de l'Eurasie. Le discours pusillanime d'Obama du 10/09/2013 préfigure celui, fortement isolationniste, de Trump le 20/01/2017. Un constat doit, par conséquent, être fait: l'ordre mondial né à Yalta en 1945 est mort et enterré; la guerre froide est bel et bien terminée; l'ancien équilibre international n'est plus.


Après la chute du mur de Berlin en 1989 et l'effondrement de l'URSS qui s'ensuivit, l'union militaire du Traité de Varsovie cessa d'exister. L'OTAN, par contre, persista dans sa politique d'extension à l'Est. La stratégie de «containment» de la Russie en fut même renforcée. On pensait, sans doute, que la guerre froide s'était soldée par un triomphe définitif de l'Occident. Ce dernier se lança dans la mise en place d'un nouvel ordre mondial régi par la loi du marché et les réseaux de la globalisation, reléguant ainsi au second plan la politique. Nous savons ce que cette vision a coûté au monde. L'accès de Donald Trump à la présidence américaine est en quelque sorte la signature des conséquences néfastes d'une telle utopie.


Vingt-cinq ans après la chute de l'URSS, l'Occident pourrait-il se réveiller? Plus d'un observateur se pose la question de savoir si le concept «Occident» a toujours un sens politique. À quoi sert encore l'OTAN? La mondialisation effrénée a fini par engendrer un monstre sous la forme de ce repoussant populisme identitaire. Le repli isolationniste et protectionniste américain risquerait, s'il se confirme, de fragiliser la sécurité de l'Europe et de la Méditerranée.


C'est dans ce contexte de recul de l'Occident qu'il faut tenter de comprendre géopolitiquement le concept d'Eurasie apparemment en faveur chez les théoriciens et les stratèges de la nouvelle Russie. La crise syrienne a permis à Vladimir Poutine de s'implanter militairement en Méditerranée orientale mais, également, de contrôler la zone hautement stratégique entre l'Euphrate et l'Oronte. Arnold Toynbee, l'historien, insiste sur l'importance vitale de cet épicentre de tous les conflits ainsi que sur celui qui commande toutes les routes en Asie centrale, entre l'Oxus (Amou-Daria) et l'Iaxarte (Syr-Daria). Toute l'histoire de l'immense continent eurasiatique tourne autour de ces voies incontournables des migrations, des conquêtes, des échanges commerciaux, ethniques, religieux, culturels, ainsi que de ces nouvelles routes de la soie que constituent les projets pharaoniques (oléoducs, gazoducs, chemins de fer etc.) qui relieront bientôt les rivages du Pacifique et de la mer de Chine à ceux de l'Atlantique, de la mer Noire, de la Baltique et de la mer de Barents. Au milieu de ce gigantesque réseau se dresse un carrefour, Astana, la nouvelle capitale du Kazakhstan. On comprend mieux la valeur symbolique du choix d'Astana et non Genève, Istanbul, Vienne ou New York, pour la tenue de la récente conférence sur l'avenir de la Syrie. Remplaçant Almaty (Alma-Ata), Astana est une ville chargée de symboles, une ville de demain, une sorte de Dubaï des steppes asiatiques. Ses promoteurs l'ont voulue comme ville de pacification religieuse, ce qui n'est pas sans rappeler la phraséologie en usage à Damas. Sa monumentale pyramide appelée «Palais de la paix et de la réconciliation», lieu de la conférence pour la Syrie, évoque le gigantisme de l'architecture soviétique ainsi que la rhétorique «humaniste» en usage sous le règne de Staline, surnommé le petit père des peuples.


Le concept d'Eurasie a été souvent repris et développé par Poutine dans le cadre d'un projet d'union douanière et de zone de libre-échange eurasiatique entre l'UE, la Russie et des pays d'Asie centrale dont le Kazakhstan. Depuis 1992, un tel projet est «systématiquement écarté par Bruxelles pour des motivations plutôt politiques» (P. Marchand). Aujourd'hui, Poutine contrôle trois verrous principaux de cet immense espace: l'Ukraine orientale, le Levant et l'Asie centrale. Si Donald Trump réussit dans sa politique isolationniste, l'Europe occidentale devra, pour combler le vide, aller se frayer un chemin sous les steppes de l'Asie centrale. Une Eurasie ou plutôt une Euro-Russie de Brest à Vladivostok ne semble plus une hypothèse chimérique. À l'heure actuelle, une telle vision se résume à une politique de puissance, dans un style obsolète du XIXe siècle, que mène Vladimir Poutine qui, en pratique, n'a personne en face de lui car nul en Europe occidentale n'a su prendre à temps la mesure de la métamorphose du monde.


Le crise syrienne n'est qu'un prétexte pour Vladimir Poutine, pour les besoins de sa politique de puissance aux dimensions de l'Eurasie. Dans un monde qui, aujourd'hui, a cessé d'être binaire, se vérifie plus que jamais la réflexion que le penseur espagnol José Ortega y Gasset reprend, en 1930, dans La Révolution des masses: «Être de gauche ou de droite, c'est choisir une des innombrables manières qui s'offrent à l'homme d'être un imbécile; toutes deux, en effet, sont des formes d'hémiplégie morale. »

Le 8 janvier 2017, Christelle Evita sera accueillie par l'association des Ami.e.s de la librairie féministe Violette and Co pour évoquer les "nouvelles" formes de féminisme et notamment l'afroféminisme.

Quelles spécificités, liens, apports, divergences avec le féminisme "historique"?

...le tout ponctué d'extraits de sa pièce "Mais je ne suis pas noire!" que Christelle Evita interprétera.

Cela se passe 
à la Librairie Violette And Co
102 rue de Charonne
75011 Paris. Métro Voltaire

Entrée libre !

Venez nombreux.ses pour discuter, débattre, (re)découvrir les féminismes et faites circuler autour de vous.

Christelle Evita est autrice de théâtre, comédienne et slameuse. Le thème des exclusions contemporaines constitue le fil rouge de ses écrits : le monde du travail avec sa pièce « Silence, Travail ! », l’avortement avec « On dit que c'est le plus beau jour de la vie», l’accueil des personnes migrantes ou réfugiées dans  « Un couteau dans le cœur », le handicap en milieu professionnel avec "comment ne plus être handicapé en entreprise?"

Pour des raisons liées à la salle initialement prévue le 4 Février 2017 dans les locaux des "Apprentis d'Auteuil" , le colloque sur " L'animal de compagnie", est repoussé au samedi 16 Septembre 2017. Il aura lieu à l'Association Adèle Picot, 39 rue Notre-Dame des Champs, 75006.

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