A2IP Association Internationale Interactions de la Psychanalyse
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Ils nous ont quittés

A LA MEMOIRE DE MOUNIR CHAMOUN

 

Avec le décès de MOUNIR CHAMOUN, qui s'est éteint le à Paris à l'âge de 82 ans des suites d'une longue maladie, nous avons perdu un ami très cher qui était l'un des principaux piliers de la psychanalyse au Liban. Né le 27 février 1934, à Deir-el-Qamar, il a été très présent en France où, après des études à l'ancienne École supérieure des lettres de Beyrouth, il a obtenu un doctorat en psychologie à l'Université Lyon II. Il est devenu par la suite membre de la Société psychanalytique de Paris et il est resté toute sa vie très proche de collègues de diverses sociétés de psychanalyse en France, notamment de l’A2IP dont il était membre du Conseil scientifique international après avoir membre de l’AIHP pendant dix ans. Psychanalyste installé au Liban, il a été vice-recteur de l'Université Saint-Joseph de Beyrouth, il a créé « l'Université pour tous » et, en  1980, fondé avec plusieurs collègues la Société libanaise de psychanalyse puis en 2000 le Cercle d'études psychanalytiques. Il a été pendant plusieurs années rédacteur en chef de la revue académique Travaux et Jours de l'USJ.

 

À la mémoire d'un grand humaniste du Liban
Antoine COURBAN

 

Tout en lui évoquait le Liban qu'il aimait. Sa chevelure aussi blanche que la neige des hauts sommets. Son regard aussi doux que la brise marine du soir, lorsqu'à l'heure du couchant la Méditerranée, au large de nos côtes, s'embrase de la pourpre de Tyr.
Il faisait partie intégrante du paysage universitaire, psychothérapeutique, intellectuel, culturel, académique, littéraire, de la société libanaise dont il était, à la fois, un des plus beaux fleurons et son plus fin connaisseur. Pionnier de la psychanalyse au Liban et dans le monde arabe, il n'a cessé de se pencher sur les multiples aspects de la tragédie humaine dans cet Orient tourmenté, durant sa longue carrière de psychanalyste et d'humaniste à l'esprit universel.


On le croyait perpétuel comme le cèdre du Liban. Son sourire d'une grande affabilité cachait mal un caractère trempé dans l'acier. Son énergie inépuisable face à l'effort, sa résistance aux épreuves les plus douloureuses, son incroyable résilience aux défis de la vie, son amour immodéré pour l'application au travail bien fait et toujours recommencé, sa discrétion proverbiale, sa fidélité en amitié faisaient l'admiration de tous ceux qui ont eu le privilège de l'approcher.


Des générations d'étudiants savaient qu'il était « le » Maître, car Mounir Chamoun n'était pas un expert en pédagogie, il était naturellement pédagogue. Comme tous les humanistes, il se sentait solidaire de tous les hommes, passés, présents et à venir. Tous ceux qui ont eu la chance de suivre ses leçons le sentaient et le savaient. Mounir Chamoun aimait partager son savoir avec abnégation, et non l'étaler.
Le monde académique vient de perdre une de ses plus lumineuses figures ; un des représentants les plus brillants de l'érudition ; un esprit universel qui alliait le savoir scientifique le plus rigoureux à l'humanisme le plus ouvert et le plus authentiquement articulé.


La société libanaise et, à travers elle, le monde arabe de la culture lui demeureront redevables pour de nombreuses générations à venir. L'heure aujourd'hui est à la tristesse, celle de ne plus voir ce beau visage, de ne plus entendre cette voix si douce, de ne plus écouter cet esprit si clair. Demain, des générations de chercheurs seront nécessaires pour faire le bilan de ce que nous lui devons.
Jusqu'à son dernier souffle, ce citoyen exemplaire n'a cessé de mettre tout son talent au service de la recherche du bien commun. Sur son lit de mort, il préparait une vision sur le rôle de l'éducation dans le Liban de demain. Quand ses étudiants lui demandaient : « Pourquoi êtes-vous encore au Liban à votre âge ? » il répondait invariablement : « C'est parce que vous êtes là et c'est ce qui fait que je peux être utile. »


Le Liban vient de perdre un de ses cèdres ; mais l'essence du cèdre est imputrescible. La mémoire de Mounir Chamoun fécondera encore, et pour longtemps, les générations futures du pays du Cèdre.

 

 

La présence de Mounir Chamoun

Sophie de Mijolla-Mellor

 

Mounir faisait partie de ces hommes heureux et infatigables qui donnent l’impression de jouir de plusieurs vies à la fois, ce qui rend très difficile de penser qu’il n’est plus parmi nous et nous assure que sa présence a seulement changé de nature en nous faisant espérer qu’il n’en sera rien perdu.

 

Je me suis souvent étonnée que quelques heures de sommeil quotidiens lui aient suffi toute sa vie, ce qui le faisait sourire car cet amoureux de la vie n’avait pas l’impression qu’il pouvait se permettre d’en gaspiller un seul instant. Son temps, il avait à le partager entre ses patients, ses étudiants, ses amis, sa famille,  la lecture, l’écriture et encore bien d’autre choses…. Je l’ai toujours trouvé disponible et dynamique pour tous les projets que nous avons eus en commun, soit à Beyrouth où il organisait régulièrement avec ses collègues français des colloques et des numéros de revues, soit dans le cadre de l’Association Internationale Interactions de la psychanalyse, dont il était membre au titre du Conseil scientifique international. Ouvert à la pensée des autres, ses séjours mensuels à Paris lui étaient une occasion pour cueillir ce qui se produisait de neuf sur les rayons des libraires, en particulier en psychanalyse mais pas seulement.

 

Mounir aura été entre la France et le Liban un lien fort, généreux et chaleureux, jamais exprimé autrement que sur le mode de l’amitié, du plaisir et de l’intelligence. Je lui dois d’avoir attrapé ce que son ami Adnan Houballah, psychanalyste co-fondateur de la Société libanaise de psychanalyse,  appelait le « virus libanais » qui touche les étrangers lorsqu’ils rencontrent pour la première fois Beyrouth, cette ville–phénix toujours renaissante de ses plaies successives.  De séjour en séjour, à travers les lieux archéologiques, les musées, la montagne, le bord de mer,  il m’a fait découvrir ainsi qu’il le faisait pour tous ses invités, l’âme du Liban, cette variété qui ne va pas sans l’esprit de tolérance et ces lieux de culte religieux  différents et ailleurs ennemis voisinant à quelques mètres. Merci Mounir pour avoir su partager avec nous ce pays que tu aimais tant…

 

Mounir a été aussi pour moi et bien d’autres un ami avec lequel on se sentait en confiance réciproque pour échanger sur tout le temps d’un dîner exactement  comme si l’on s’était quittés la veille, en passant de la politique, au monde tel qu’il nous entoure, à nos liens et à nos passions. Avec lui, le dialogue était harmonieux et cet homme souriant savait trouver un accord spontané avec l’autre sans jamais rien manifester ni des séquelles des difficultés voire des drames que la vie lui avait réservés. Il a été ces dernières années non moins courageux face aux limites et aux maladies que l’âge lui a imposées, aussi moralement élégant dans son absence de plainte que la canne à pommeau d’argent qui l’aidait à marcher mais dont il disait qu’elle ne lui était pas si nécessaire que cela…

 

 

 

Mon cher Mounir…

Alain de Mijolla

 

Quelle tristesse de ne plus te rencontrer, comme à chacun de tes séjours à Paris, dans ce petit restaurant italien où nous passions une soirée de bavardage .

Je te retrouvais, comme il y a une trentaine d’années, toujours vif, aimable et malicieux quand nous évoquions certains collègues.

Et sérieux lorsque nous en arrivions à « parler psychanalyse »...

C’est notre sort à tous de mourir, mais ce n’est pas sans un grand pincement que nous apprenons que cette fin est aussi réservée à nos plus chers amis.

Je ne crois pas à la vie éternelle, mais je ne peux m’empêcher de te dire « À bientôt »...

 

Me recevras-tu de la manière si chaleureuse et attentionnée que tu avais pour me faire découvrir Beyrouth ?

 

Au revoir, cher camarade.

 

 

 

Mounir Chamoun et nous, ses étudiants - Nayla Debs

 

 

Il est généralement difficile de parler d’une personne qui n’est plus, de s’adresser à elle à la troisième personne du singulier, de parler donc d’elle et nonà elle. Et ce l’est nettement plus quand l’absence qu’il s’agit d’adresser est celle de Mounir Chamoun ; une absence qui pousse forcément, inévitablement à une sorte d’accommodement avec le langage, une explication ou, ce que la langue allemande dit encore de manière plus précise, uneauseinandersetzung non seulement afin de faire figurer cette absence mais aussi pour négocier la part du privé et du public, du singulier et du général, des mots et de l’affect ou encore la dimension du présent et du passé que l’écriture à propos de/sur Mounir Chamoun engage.

 

C’est dire à quel point la présence de Mounir Chamoun a imprégné un parcours et une trajectoire qui ne sont pas que académiques au point qu’il est difficile de penser ce parcours et cette trajectoire sans faire part de son apport et sans revenir sur la trace, elle-même multiple, qu’il a laissée. C’est la raison pour laquelle je me contenterai, dans ces quelques lignes, non de rendre hommage à Mounir Chamoun (tout hommage excède les limites de ce texte) ou de déclarer ma dette à son égard (la reconnaissance déclarative de la dette n’est-elle pas aussi une manière d’annuler, de dénier celle-ci, comme le dit Derrida en commentant l’expression de Lyotard "il n’y aura pas de deuil" ?), mais de revenir sur quelques éléments du rapport qui me lie à Mounir Chamoun, qui éclairent aussi des aspects de sa personnalité eu égard à ses étudiant(e)s, c’est-à-dire qui il était et comment il était avec ce groupe de gens très hétérogènes et de générations différentes dont j’ai fait partie.

 

Peut-être faut-il dire d’emblée que si j’ai continué à voir plus ou moins régulièrement Mounir Chamoun (peut-être moins les deux dernières années), c’est surtout grâce à Sophie de Mijolla-Mellor qui, lorsque je lui ai parlé d’un projet de thèse portant sur le Liban (un thème de mémoire collective), a suggéré que Mounir y soit associé. Ainsi donc, après avoir cru que mon passage à Paris s’inscrit dans une certaine rupture par rapport à l’institution libanaise, je me voyais en train de renouer non seulement avec le Liban comme problématique mais aussi avec mon ancien maître. Et pourtant tout était autre ou peut-être différent dans ces rencontres pour la tenue desquelles je ne peux que profondément remercier Sophie de Mijolla-Mellor.

 

Pour en rendre compte ou pour articuler ce qui était marquant dans ces rencontres, je pourrai sans doute m’arrêter longuement sur l’esprit érudit de Mounir Chamoun, sur sa capacité de circonscrire un sujet donné, quel qu’il soit et à quelque domaine du savoir qu’il appartienne, et sa manière de l’aborder avec autant de détails que de précision ; je pourrai souligner sa transdisciplinarité « naturelle » qui envisageait la psychanalyse dans une étroite relation avec les autres sciences humaines et sociales et qui lisait celles-ci à travers l’éclairage de la psychanalyse, sa tendance à se confronter aux critiques même les plus radicales et à s’écarter des dogmes inflexibles qui confinent finalement plus à l’idéologie qu’à une théorie vivante. Aussi est-il possible d’évoquer ses qualités de pédagogue prompt à prodiguer conseils ou encouragement quand il le faut, ou encore son humanisme ouvert à toutes les déclinaisons de l’humain et toujours prêt à concilier ce dernier aussi bien avec les innovations techniques et scientifiques qu’avec un système idéel ou transcendantal. Mais dans le flux des souvenirs et impressions que l’absence convoque, je retiendrai essentiellement deux points, qui en fait sont quatre, sur lesquels je m’attarderai davantage.    

 

Le premier, c’est l’hospitalité de Mounir Chamoun, à entendre dans le sens d’une disponibilité, d’un accueil et d’une écoute de l’autre, traduisant un engagement et une responsabilité vis-à-vis de la rencontre elle-même. Car c’est de cela qu’il était question. Les visites du dimanche matin étaient en effet un temps de rencontre où des idées, des courants de pensée, des théories et des pratiques pouvaient s’énoncer, se confronter, se disperser ou s’associer à d’autres idées et pensées ; le tout dans une espèce d’inconditionnalité par rapport à ce qui peut être dit et en même temps une réactivité, non sans joie d’ailleurs, surtout lorsqu’un énième remaniement en venait à donner à la thèse un nouveau mouvement. Ou faisait resurgir une signification qui était restée jusque là inédite. Ce travail, malgré sa durée, il y croyait ; son départ rend l’inachèvement plus pesant.

 

Le deuxième point, plus en rapport avec le Liban tout en dépassant le Liban géographique, est la volonté de ne pas céder sur la liberté et la culture lesquelles, pour Mounir Chamoun, avaient valeur d’impératif catégorique. N’a-t-il pas considéré la psychanalyse comme solidaire aussi bien de l’une que de l’autre ? « Il n’y a de psychanalyse, écrit- il, que dans un climat de liberté et dans un rapport interactif du sujet avec lui-même, les autres et les instances idéales ou surmoïques, par une dialectique d’échange et de médiation. »

C’est que la psychanalyse, pour Chamoun, participe toujours d’un projet politique et ne peut se dissocier d’une culture démocratique, seule garante d’une pluralité de modes de subjectivation tout autant que des outils conceptuels qui permettent de poser un regard réflexif sur ces derniers. C’est la raison pour laquelle son engagement dans les affaires de la cité était corrélatif de ses activités psychanalytique et pédagogique.

 

Reste la question du désir qui fait le lien entre la liberté et la culture et sans quoi le projet psychanalytique lui-même ne pourrait tenir. Dans les journées d’étude qu’il avait l’habitude d’organiser à Beyrouth, Mounir Chamoun disait : tant qu’il y a de la vie, il y a toujours du désir. C’était sa manière d’affirmer que le trauma, aussi déterminant que soit son impact, n’a pas le dernier mot.

Mais qu’en est-il alors du désir une fois que la vie n’est plus, du désir après la vie ? Il y aura à ce moment la vie du désir, elle-même inséparable de la vie du souvenir. Et qui dit souvenir ou plus largement mémoire, dit aussi deuil, en ce que les deux ont partie liée à l’absence, résultant de celle-ci et en même temps la sauvegardant. De ce fait, il n’est pas question ici d’une quelconque « élaboration » d’un deuil mais plutôt d’un travail, si l’on tient à la notion de travail, pour rendre en quelque sorte le deuil impossible, ce même deuil que Derrida pose comme la condition d’une réponse éthique à l’autre.

 

Dans ses Mémoires pour Paul de Man, Derrida écrit : « Qu'est-ce qu'un deuil impossible? Que nous dit-il, ce deuil impossible, d'une essence de la mémoire? Et pour ce qui tient à l'autre dans nous, fût-ce en ce "pressentiment lointain de l'autre", qui nous dira où se trouve la trahison la plus injuste? L'infidélité la plus meurtrie, voire la plus meurtrière, est-ce celle du deuil possible qui intériorise en nous l'image, l'idole ou l'idéal de l'autre mort et ne vivant qu'en nous? Ou bien celle du deuil impossible qui, laissant à l'autre son altérité, en respecte l'éloignement infini, refuse ou se trouve incapable de le prendre en soi, comme dans la tombe ou le caveau d'un narcissisme? »

 

 

Dans ce sens, le deuil de Mounir Chamoun sera impossible.

 

 

Nous avons la très grande tristesse de faire part de la mort de notre collègue et amie

 

Hélène SALAÜN de KERTANGUY

 

décédée brutalement d’un AVC le samedi 27 Février à l’âge de 73 ans.

Hélène était née le 11 juillet 1942, de parents médecins, à Stanleyvillle (ex Congo Belge), sa mère, juive polonaise étant aussi médecin diplômée de l'université de Liège, comme allait l’être Hélène elle-même en psychologie. Elle était mariée avec Amaury de Kertanguy,  chercheur en astrophysique, était mère de trois enfants, exerçait comme psychologue clinicienne et chercheuse en psychologie clinique interculturelle, ce qui l’avait conduite à rejoindre notre Association dont elle était membre.

 

Elle était aussi chargée de cours en Psychologie Générale, Psychologie Interculturelle, Psychopathologie Adulte, Méthodes Projectives, Rorschach (Méthodologies Ecole de Langue Française et Système Intégré J.E. Exner).

 

Sa spécialité était essentiellement la  Psychologie Interculturelle et, chargée de Cours à l’Université des Sciences et Techniques  à Ulaanbaatar (Mongolie), elle y avait fondé un groupe de recherches très actif avec lequel l’A2IP avait commencé à établir des liens : le Centre de Consultations Médico-Psychologiques « Setgeliin Toli », Ulaanbaatar, Mongolie.

 

Ouvert en 2006, ce centre dirigé par  Mrs Khandaa Khandsuren, psychologue, organise aujourd’hui  des consultations enfant, adolescent, adulte et famille. Hélène y assurait tous les ans un encadrement de psychologues et anthropologues mongols de début juillet à fin septembre et des séminaires thématiques auxquels elle m’avait invitée à participer. 

 

Membre associé du Laboratoire de recherche du Professeur Anne Andronikof, Université de Paris10-Nanterre (Psychopathologie de l’Identité, de la Pensée et des processus de Santé), depuis 1999, son thème de recherche majeur était  l’  analyse de la dynamique des processus mentaux des peuples traditionnels confrontés à l'épreuve du brassage culturel et de la mondialisation et la  place du test de Rorschach en psychologie clinique interculturelle. Elle avait étudié les Inuits du Groenland, les Esquimaux de Sibérie orientale et les Tchouktches, les tribus Adivasi de l’Inde et les peuples nomades, sédentarisés et urbanisés de Mongolie au cours  de missions et recherches en psychologie clinique interculturelle.

 

Un colloque en automne 2016  « La pensée nomade » devait nous permettre de débattre ensemble sur des questions qui, plus que des points de théorie, constituaient les options de sa vie. Nietzsche écrit dans l’aphorisme 28 du Gai Savoir : «  Mes pensées dit le Wanderer à son ombre doivent m’indiquer où j’en suis, non pas me révéler où je vais »…  Nous garderons  le souvenir d’Hélène, voyageuse amoureuse de la diversité, proche de l’Afrique comme de la Mongolie, fanatique de théâtre, amie des chats, passionnée et pleine d’humour et de fantaisie.

 

Sophie de Mijolla-Mellor

Présidente de l’A2IP

 

On lira dans la rubrique « Publications »  une étude de la pensée nomade en Mongolie  par Hélène Salaün de Kertanguy 

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